Les films ↑ 

Une liste qui ne se limite pas à des films cités par le musée. Une liste qui n'est, ni un classement des films par leur succès commercial, ni celle de mes favoris. C'est plutôt la liste des courts ou longs métrages qui, pour moi, comptent dans l'histoire de l'animation; elle est destinée à monter la diversité des réalisations. Même si j'ai consulté un grand nombre de "tops 100" sur ces films, tout ici est jugement personnel; pardon pour les ommissions, la liste pourrait évidemment être bien plus longue.

De plus j'ai volontairement limité le nombre de films cités par réalisateur, ce qui élimine quelques chefs-d'œuvre. La liste des réalisateurs cités plusieurs fois n'est cependant pas le fait du hasard: Clyde Geronimi pour le studio Disney: Cendrillon, La Belle au bois dormant; Isao Takahata: Horus, prince du soleil, Le Tombeau des lucioles, Le Conte de la princesse Kaguya; Hayao Miyazaki: Nausicaä de la vallée du vent, Princesse Mononoké; Mamoru Oshii: L'œuf de l'ange, Ghost in the shell; Tomm Moore: Brendan et le Secret de Kells, Le Chant de la mer, Le Peuple Loup; Nora Twomey: Brendan et le Secret de Kells, Parvana, une enfance en Afghanistan; Mamoru Hosoda: Les Enfants Loups, Amé & Yuki, Belle.

Le film d'animation a longtemps été perçu comme destiné aux enfants; peut être parce que des productions initiales visaient préférentiellement ce public ou collectionnaient les gags visuels. Pendant longtemps, les critiques de cinéma n'ont pas pris l'animation au sérieux. Cette fausse image s'estompe un peu, mais le film d'animation reste plus regardé par les enfants que par les adultes; cependant moins d'un tiers des adultes ne regardent jamais de films d'animation.

Certains regretteront les paillettes et les stars, mais la liberté et la force offertes par l'animation en font un procédé sans commune mesure avec le cinéma en vues réelles.

Pour Vincent Paronnaud, réalisateur de Persépolis, l'animation facilite l'universalité d'un film et et permet au spectateur de s'identifier plus facilement avec les personnages. Il est aussi facile de comprendre que l'adaptation d'un manga ou d'une bande dessinée permet de s'inspirer du graphisme d'origine. Il est aujourd'hui facile de faire appel à l'ordinateur pour calculer au moins des images intermédiaires de l'animation (ce que de rares productions évitent toujours de faire par principe), mais les puristes restent attachés à un graphisme dénommé 2D caractérisé par des ébauches sur papier. Toujours pour les puristes, l'imagerie réaliste générée par ordinateur dénommée 3D est alors cataloguée, suivant les thèmes abordés, comme expérimentale ou de grande consommation.

Techniques ↑ 

Le cartoon connait son heure de gloire dans la première moité du 20e siècle, inspiré du dessin de caricature et humoristique le graphisme est simplifié, privilégiant la lisibilité et centré sur quelques personnages souvent limité à deux protagonistes. Le dessin à plat sur papier s'enrichit progressivement en particulier pour le contexte et les fonds; Le procédé traditionnel utilise des feuilles transparentes (cellulo) superposées pour décaler les tracés animés.

arjouna
Arjouna, in C. Hooykaas. 1973. Kama and Kala, materials for the study of shadow theatre in Bali. North Holland Publishing Company, Amsterdam.
Le papier découpé utilise des personnages constitués de plusieurs morceaux dont les déplacements respectifs assurent une partie de l'animation. C'est un procédé économique utilisé dès les débuts: Les Aventures du prince Ahmed, Le Hérisson dans le brouillard, La Planète sauvage, Princes et Princesses (comme tous les films de Michel Ocelot...).

Les papiers découpés peuvent se superposer sur plusieurs plans distants les uns des autres, ce qui crée un relief (à condition de bien gérer les ombres).

Avec un seul plan éclairé à contre jour, on obtient des silhouettes, les personnages généralement présentés de profil et les découpes très travaillées, ce qui fait référence au théâtre d'ombres, encore populaire en Asie.

Des techniques particulères comme la gravure, le sable ou la peinture sur verre (La Traversée de Florence Miailhe) peuvent remplacer le dessin sur papier avec des rendus très particuliers.

L'utilisation de marionettes pour mettre en scène des contes n'a pas attendu le cinéma d'animation et pourrait remonter à plus de 4 000 ans (Chine, Inde). En animation, le corps des marionettes est souvent réalisé en un matériau souple, ou parfois constitue un objet articulé. Comme pour le papier découpé, l'animation suppose une déformation ou un déplacement entre chaque prise de vue; cette réalisation vue par vue est nommée "stop motion". En animation, les marionettes évoluent dans un décor en 3D. La fabrication de tous ces éléments est très exigente.

Dans tous les cas la réalisation demande un nombre considérable d'heures de travail. En dessin sur papier des équipes comprennant un très grand nombre de graphistes peuvent travailler en parallèle pour limiter le temps de production d'un long métrage qui se compte en années.

L'intervention d'ordinateurs vers la fin des années 1990 est une révolution. Pour les puristes les méthodes précédentes sont toujours utilisées pour produire une grande partie des images; l'ordinateur n'intervient que pour calculer des images intermédiaires, nécessaires à une animation fluide. Plus récement, l'augmentation de la puissance de calcul des ordinateurs permet de produire la totalité des images et aussi de produire des flims dits en "3D", sans faire appel aux marionettes. L'utilisation d'effets spéciaux produits par ordinateur dans les films en prise de vues réelles (live-action) peut parfois estomper la frontière avec l'animation.

Brevetée en 1915 par Max Fleischer, la "rotoscopie" est un procédé assez décrié. Parfois utilisée comme une facilité, une économie et un gain de temps, elle peut aussi servir à favoriser la représenation graphique des personnes; mais paradoxalement, en rapprochant l'animation du réel, elle défavorise l'identification du spectateur aux personnages et crée une distanciation.

Bibliographie