Dossiers photographiques
- les paysages sont parmi les plus variés que puisse offrir un trek au Népal, avec sans doute moins de rizières que sur feu le tour des Annapurnas (car on démarre à des altitudes supérieures), mais avec bien plus de proximité des grands sommets glaciaires;
- malgré l'utilisation croissante de la tôle ondulée et la construction de lodges dont les formes et les couleurs sont totalement déplacées par rapport à leur environnement, les villages ont gardé leur charme et la population conserve ses traditions;
- l'accueil est formidable.
Le séisme du 25 avril 2015, survenu moins de deux mois après mon passage à eu des conséquences dramatiques pour les villages situés en début du trek. Ceux du district de Gorkha, très proches de l'épicentre ont subit d'importants dégats (90% des habitations ont été touchées). Et tous les morts n'ont pas étés comptabilisés. Voir en bas de page les coordonnées de quelques ONG.
Plus haut dans la vallée de la Nubri comme à Lho (donc plus loin de l'épicentre), les fatalités en vies humaines sont plus réduites et les dégats matériels moindres, mais on compte encore près de la moitié des maisons détruites ou inhabitables; il en est de même en vallée de Tsum (Chokangparo).
La reconstruction pose de multiples problèmes. Si une bonne partie des matériaux des bâtiments effondrés (murs de pierres sèches et poutres de bois) peuvent être récupérés (une nécessité dans des villages où tout est arrive par des chemins muletiers ou piétonniers), d'autres devront être produits sur place (parfois au détriment des forêts lorsqu'elles existent). Il apparait un énorme besoin en artisans qualifiés, surtout si on veut préserver le patrimoine architectural des villages, qui est très riche, mais à déjà été mis à mal par la construction irréfléchie de lodges inadaptés et inesthétiques ces dernières années.
Plus haut dans la vallée de la Nubri comme à Lho (donc plus loin de l'épicentre), les fatalités en vies humaines sont plus réduites et les dégats matériels moindres, mais on compte encore près de la moitié des maisons détruites ou inhabitables; il en est de même en vallée de Tsum (Chokangparo).
La reconstruction pose de multiples problèmes. Si une bonne partie des matériaux des bâtiments effondrés (murs de pierres sèches et poutres de bois) peuvent être récupérés (une nécessité dans des villages où tout est arrive par des chemins muletiers ou piétonniers), d'autres devront être produits sur place (parfois au détriment des forêts lorsqu'elles existent). Il apparait un énorme besoin en artisans qualifiés, surtout si on veut préserver le patrimoine architectural des villages, qui est très riche, mais à déjà été mis à mal par la construction irréfléchie de lodges inadaptés et inesthétiques ces dernières années.
Carnet de route (printemps 2015) ↑
Mon objectif était de prendre mon temps, afin d'avoir le maximum de contacts avec les populations et m'acclimater tranquillement. Une météo "extraordinaire", froide et humide l'a un peu perturbé, nombre de digressions latérales étant bloquées par la neige, et il a fallu "forcer" le passage du Larkya La.
Par ailleurs, en enchainant vallée de Tsum, Nubri (1) et circuit Naar-Phu, je plaçais mes pas dans ceux de David Snellgrove (Himalayan Pilgrimage, 1981), qui a réalisé cet itinéraire en 1956 (en sens inverse et à quelques variantes près).
La graphie utilisée est celle des cartes Himalayan Map House au 125 000 de 2013 et 2014 (en éliminant généralement les doubles h), mais il existe de nombreuses variantes.
3 mars: notre 4x4 nous dépose à Baluwa, au terme d'une piste boueuse. La pluie arrive le soir, mais l'accueil charmant reçu dans le village nous réconforte.
Le lendemain matin le ciel est bleu. Les Kapokiers, immenses arbres géométriques dont les grosses fleurs rouges sortent avant les feuilles s'imposent dans le paysage. Une piste que parcourent de très rares véhicules rejoint Barpak, mais nous la court-circuitons par un chemin en escalier, dure mise en jambes! Et à peine arrivés la pluie revient; de très grosses averses nous empêcheront de découvrir un ancien "palais royal", plus loin dans le village.
5 mars: la pluie a disparu avec la nuit, mais pas les escaliers; une interminable envolée de marches nous conduit au col du Bhosu Kang, en fait une crête spectaculaire qui récompense tous les efforts: vue circulaire sur les Bouddha Himal et Ganesh Himal; les rhodendrons sont en fleur et il a neigé dans la nuit, le spectacle est fabuleux. La neige disparait au cours de la descente sur le gros village de Laprak; dommage qu'ici une partie des maisons aient remplacé leur toiture de tavaillons de bois par la tôle ondulée! notre guide est originaire du village et nous invite dans la maison de ses parents. C'est Holi et des groupes d'enfants parcourent les ruelles en s'apergeant d'eau colorée; les festivités sont moins débridées ici que dans les grandes villes: les adultes échappent le plus souvent à la coloration.
6 mars: de raides escaliers permettent de descendre à travers le village, puis les terrasses agricoles jusqu'à la Macha Khola; la remontée est plus douce sur l'autre versant; un superbe sentier balcon nous mène à un petit col au dessus du village de Khorla. Les habitants labourent et sèment le Maïs sur les terrasses agricoles; au loin le Ganesh Himal étincelle de blancheur. Encore une rude descente de près de 1000 m, d'abord par des escaliers puis plus cahotique et nous arrivons à Khorla Beshi, bourgade d'une dizaine de lodges encaissée dans les falaises de la vallée de la Buddhi Gandaki.
7 mars: traversée de Tatopani et de ses sources chaudes. Les trekkeurs sont encores rares, mais les caravanes de mules se succèdent sur un sentier népalais (on monte autant qu'on descend c'est à dire beaucoup). Le sentier passe d'un côté à l'autre de la gorge par des ponts suspendus; nous nous arrêtons à Jagat.
De jolis villages se succèdent le lendemain: Salleri, Sirdibas. Un pont suspendu permet de retraverser en rive gauche et à partir du village de Philim où de nombreux lodges ont étés construits, le sentier commence à s'élever vraiment. Nous admirons le confluent de la Chilung Khola, mais nous restons en rive gauche pour bifurquer vers la vallée de Tsum: le sentier, très bon, mais assez raide, s'élève régulièrement à travers une pinède. Un lodge un peu bricolé et peu attirant est construit au bord du chemin, vers 2000 m d'altitude; les quelques maisons du village de Lokpa sont 200 m plus haut.
10 mars: toujours en balcon, le sentier nous mène aux quelques maisons de Gho; après le repas, une montée plus raide et peu plus aérienne, où apparaissent quelques restes d'avalanches datant des jours précédents mène à un petit col. La vallée s'élargit, les pentes deviennent plus douces, mais nous abordons aussi la neige avec les 3000 m! De très nombreux lodges plus clinquants les uns que les autres se sont ouverts dans le gros village de Chokang Paro, où la neige à rendu les ruelles bien boueuses.
11 mars: ambiance hivernale ce matin; la neige a regelé pendant la nuit, ce qui nous permet de progresser rapidement. Arrivés vers Lar, elle commence à fondre. Nous visitons les bâtiments monastiques installés près de la grotte de Milarepa au passage (une jeune nonne nous a monté la clef après une course époustouflante dans la neige), puis nous traversons en rive gauche. Neige fondante et boue remplissent le chemin fermé par des murs destinés à protéger les cultures des Yaks (à la belle saison): aucune issue possible et progression très lente. Le soleil se couche derrière les sommets quand nous atteignons Chule. Nous faisons quand même l'effort de visiter le monastère de Gonhgye, au dessus du village. C'est l'un des plus anciens de la vallée, hybride des écoles Kagyu Pa et Nyingma Pa, la salle du bas est dédiée à Maitreya. Les murs périphériques sont entièrement occupés par des livres. Nous ne visiterons pas la salle du haut occupée par une ermite, mais elle abriterait un stupa central. Au voisinage, de nombreuses petites maisons de moine en ruine témoignent de l'importance passée du monastère. Des danses masquées (Cham dances) seraient toujours organisées en octobre. Un sentier moins raide que celui pris à la montée mène au pont métallique qui permet de traverser sur le village voisin de Nile où se trouve notre lodge.
12 mars: compte tenu de la quantité de neige présente, nous abandonnons l'idée de coucher à Mu Gompa: nous ferons la route en aller et retour sans les porteurs et passerons deux nuits à Nile. Le trajet aller nous prend 3h (alors qu'il en faut normalement moins de 2 sans la neige), nous traversons de nombreuses coulées d'avalanche, certaines énormes; la ligne électrique qui alimentait Nile et Chule à partir d'une micro-centrale hydraulique en a été victime. Seuls 2 moines sont présents dans le monastère alors qu'il y en a 15 en été. La salle de prière est dédié à Avalokiteshvara et les murs sont couverts d'étagères portant près d'un millier de petites statues d'argile moulée représentant ce même Bodhisattva.
Petite étape le lendemain, car nous nous arrêterons à Ranchen gompa. Un immense enclos créé par des bâtiments d'hébergement des nonnes entoure l'ancien monastère, ainsi qu'une grande salle de prière moderne. Les deux salles de prière sont dédiées à Avalokiteshvara; l'ancienne présente la même disposition qu'à Mu gompa avec les mêmes petites statues d'argile couvrant les murs. Les lieux sont désertés par ces temps de neige: seulement une dizaine de nonnes sont présentes alors que la gompa peut en accueillir 90 en saison.
15 mars: nous nous élevons par un sentier raide mais régulier (et sans escaliers) à travers une forêt mixte de conifères de rhododendrons et de Chênes (?). Après une partie plus horizontale, mais plus aérienne, nous traversons de nombreuses coulées d'avalanche. Le ciel devient blanc et c'est dans une ambiance de bout du monde que nous atteignons Gumba Lungdang. Avec une meilleure météo, il eut été possible de passer la nuit dans ce monastère de nonnes très accueillant pour explorer le camp de base du Ganesh Himal. Nous allons redescendre à Ripchet sous la neige fondante. En 2015 il n'existait qu'un seul lodge parmi les quelques maisons de Ripchet (le Yak hotel) et il était fort inconfortable; si vous n'avez pas de tente, mieux vaut peut-être faire l'effort de repasser de Domje sur la rive droite de la Shiar Khola pour vous arrêter de nouveau à Chumling, sinon le chemin en rive gauche franchi deux ravins spectaculaires par de bons ponts suspendus (la carte au 125 000e Himalayan Map House de 2014 est fausse à cet endroit: le sentier de Domje à Ripchet est intégralement en rive gauche). Les maisons de Ripchet ont subit un incendie suite au séisme du printemps 2015.
16 mars: la longue descente nous ramène par un toujours superbe sentier balcon sur la vallée de la Buddhi Gandaki que nous remontons en rive gauche par des pentes sujettes aux chutes de pierre jusqu'à Deng. Là, nous trouvons un gros lodge confortable; la civilisation a parfois du bon et nous apprécions la douche après une longue marche de 8h et une semaine passée dans le froid de cette fin d'hiver népalais.
17 mars: il fait chaud ce matin et le soleil tiendra jusqu'à midi; nous montons à Namrung dont les lodges prétentieux contrastent avec les vieilles maisons du village, non dépourvues de charme, mais d'un charme teinté de nostalgie; la gompa est carrément à l'abandon. Ce soir il pleut (encore).
19 mars: nous nous contentons de monter au nouveau monastère (Ribung gompa), d'où nous avons une première vue sur le Manaslu. Les petits moines sont descendus à l'ancienne gompa pour prier.
21 mars: nous avons presque perdu l'espoir de passer le Larkya La; nous décidons d'aller en aller et retour jusqu'à Samdo, sans les porteurs; en chemin nous croisons les gardiens du lodge-refuge de Dharamsala et la propriétaire d'un lodge à Samdo; tous affirment le passage du col possible; changement de programme: avec le guide, je décide de redescendre à Sama, mais de remonter le lendemain avec les porteurs. En chemin, nous croisons un groupe fort sympatique de 3 belges qui montent à Samdo et espèrent passer le col après-demain.
23 mars: la neige porte bien le matin et en 3h30 nous arrivons à Dharamsala; la crête sud au dessus du lodge-refuge est déneigée et offre une vue sur le Manaslu.
24 mars: c'est le grand jour; nous partons à 2:00; le vent souffle mais il est dans notre dos; le cheminement dans la nuit est pénible; la pente est faible, mais j'ai l'impression de perdre constamment l'équilibre; je devine à gauche le fil d'une moraine que l'on suit de loin en permanence; après une traversée raide, l'itinéraire débouche sur le vallon supérieur; le vent froid a décuplé; 5:30, la luminosité augmente; 6:00 nous arrivons au col et le soleil se lève, l'instant est magique malgré le vent. Nous attaquons au plus vite la descente; le vent à chassé toute la neige sur la crête de la moraine, puis on passe dans des pentes nord où la neige est plus profonde. La neige est légèrement cassante en surface, mais nous la trouvons vraiment facile: les talons s'enfoncent d'une dizaine de cm (quand cette pente est en neige glacée c'est une autre affaire). Pourtant nos porteurs sont déséquilibrés par la sous couche irrégulière et perdent tous les deux leur charge. Heureusement les sacs glissent doucement et s'arrêtent plus bas dans une cuvette (l'incident nous fait sourir, mais rétrospectivement nous venons à penser qu'à un autre endroit, les sacs auraient pu tomber dans un torrent, se déchiqueter sur des rochers...). Devant nous, le cirque du Peri Himal déploie ses glaciers; paysages grandioses. La suite sera plus difficile: nous rejoignons la moraine gauche du glacier Salpudanda, il n'y a plus de vent et il fait presque chaud, mais la neige s'est ramolie et nous enfonçons jusqu'aux genoux (et les porteurs encore plus que nous). Nous retrouvons la trace faite hier par nos amis belges (qui nous dirons plus tard en avoir bavé encore plus que nous). Nous l'utilisons au mieux, mais les 500 derniers mètres, alors que Bimthang semble à portée de main, nous prendront 1h à parcourir.
25 mars: le col est passé mais le tour du Manaslu n'est pas terminé: la descente de Bimthang à Dharapani est sans doute (au moins du point de vue des paysages) la plus belle étape du circuit: langues glaciaires parsemées de petits lacs, gros blocs morainiques, formidables forêts primaires dont les arbres magnifiques se découpent sur le cirque ouest du Manaslu et du Phungi Himal, si proches. Nous terminons l'étape à Tilije (Tilche), sans doute désir inconscient de prolonger le plus longtemps possible ce trek, de ne pas en dissoudre la magie dans la cacophonie commerciale du tour des Annapurnas. Nous sommes partis tôt le matin, toujours pour profiter de la progression rapide sur la neige dure mais, avec des conditions plus favorables, je conseille de couper cette étape en deux. Profitez de la matinée pour explorer les environs de Bimthang (le glacier Salpudanda est décidément exceptionnel) et descendez en milieu d'après-midi pour une meilleure lumière sur la face ouest du Manaslu en vous arrêtant à Kharche ou à Gho.
La suite de ce trek est décrite sur la page Naar-Phu.
En pratique ↑
Le séisme du 25 avril 2015, survenu moins de deux mois après mon passage à changé la donne pour le premier tiers du trek, quelque soit l'option choisie pour l'itinéraire. Il n'est même pas sûr que tous les villages puissent être reconstruits sur leur emplacement actuel, en raison de l'instabilité des pentes (mais dans bien des villages les habitants ont commencé la reconstruction sans l'avis des officiels dont ils n'attendent pas grand chose).
De nombreux sentiers ont été coupés / modifiés par des éboulements, particulièrement dans la gorge de la Buddhi Gandaki. Un mois après le séisme, le village de Macchakhola, menacé par un glissement de terrain, était en cours d'évacuation.
Il est difficle de se faire une idée précise de l'état des lieux; même dans la Nubri et la région de Bimthang où les lodges n'ont pas été touchés par le séisme, beaucoup sinon tous restent fermés faute de clients. Toutefois compte tenu de l'extraordinaire résilience du peuple népalais le tour du Manaslu devrait être pratiquable dès le printemps 2016, au moins sous tente.
De nombreux sentiers ont été coupés / modifiés par des éboulements, particulièrement dans la gorge de la Buddhi Gandaki. Un mois après le séisme, le village de Macchakhola, menacé par un glissement de terrain, était en cours d'évacuation.
Il est difficle de se faire une idée précise de l'état des lieux; même dans la Nubri et la région de Bimthang où les lodges n'ont pas été touchés par le séisme, beaucoup sinon tous restent fermés faute de clients. Toutefois compte tenu de l'extraordinaire résilience du peuple népalais le tour du Manaslu devrait être pratiquable dès le printemps 2016, au moins sous tente.
Permis et guide appartenant à une agence reconnue sont obligatoires. Nous l'avons réalisé grâce à l'aide de l'agence népalaise francophone Trinetra. Comme beaucoup d'autres, cette agence organise des treks "sur-mesure" dans tout le Népal, mais ses fondateurs étant originaires de Laprak, elle est ici un peu plus "chez elle" que les autres. Avant le séisme du 25 avril 2015, il était possible de s'héberger en lodge sur la totalité de l'itinéraire. Certains lodges étaient assez sommaires, le plus basique étant celui de Dharamsala (lors du pic d'affluence de novembre les quelques "chambres" au sol de terre battue y sont complétées par des tentes fixes).
La collecte du Yarsagumba (ou Yarsagumbu) est importante dans les hautes vallées (vallée de Tsum, Samdo); villages et lodges peuvent être désertés fin mai - début juin.
Une autre alternative part de Gorkha sur un itinéraire de crêtes encore plus long avec de nombreuses variations possibles.
Les plus pressés peuvent boucler le tour en 15 jours, mais de nombreuses et très intéressantes digressions latérales sont à conseiller (outre les variations déjà citées pour le départ).
La plus longue (une semaine) s'échappe temporairement du circuit à Chumjet pour parcourir la vallée de la Shiar Khola. Encore peu connue sous le nom de Vallée de Tsum, cette digression permet de découvrir des populations tibétaines fières de leurs traditions et offre de belles vues sur le Ganesh Himal. Les lodges sont souvent basiques et offrent un nombre très limité de chambres (grand groupe s'abstenir), mais ont quasiment le charme de homestays et sont tous tenus par des habitants de la vallée.
Comme dans d'autres vallées népalaises, la menace principale vient... des routes. La vallée de Tsum est généralement présentée comme une enclave préservée de culture tibétaine, parce qu'elle n'a été ouverte au trekking qu'en 2008, et que son parcours nécessitait de coucher sous tente. Aujourd'hui, le gouvernement népalais a l'ambition de construire une route à travers la vallée de Tsum et menant au Tibet. Les choses vont bon train; en 2018 des bus montaient jusqu'à Lapubesi. La construction de la piste jusqu'à l'entrée de la vallée de Tsum a considérablement perturbé les chemins préexistants dans une vallée étroite et encaissée (probablement jusque vers Tatopani en 2019). Peut-être une bonne raison de visiter la vallée de Tsum avant la fin d'un monde.
D'autres digressions d'une journée ont pour but des monastères ou d'extraordinaires sites glaciaires: Serang gompa depuis Bihi, Kal Chokang gompa au bord du lac Kal (Kal Tal) depuis Prok, Pung Gyen gompa au dessus du glacier du même nom depuis Sama, le camp de base du Manaslu, au dessus du glacier du Manaslu toujours depuis Sama, la crête de Panda Danda ou le lac Chenge, ou le col de Lajyung (Lagyung La) depuis Samdo.
Les lodges (malheureusement inesthétiques, trop voyants et pas du tout bio-climatiques) sont suffisamment nombreux pour permettre de multiples variations dans le découpage des étapes (à adapter aux digressions ci-dessus); en novembre vous aurez intérêt à éviter les étapes les plus prisées des grosses agences ou les hébergements risquent d'êttre insuffisants; ce n'est qu'au voisinage du col que les lieux des nuitées s'imposent: Sama, Samdo, Dharamsala et Bimthang. Les rares lodges du hameau de Bimthang sont fermés l'hiver et ouvrent assez tard en saison (en principe fin mars mais cela dépend de l'enneigement).
Malgré son architecture hétéroclite, Lho offre de superbes levers de soleil sur le Manaslu (montez vers les chortens ou les maisons les plus hautes du village), possède un nouveau monastère (Ribung gompa, école nyingma) où près de 200 jeunes moines sont scolarisés et l'ancien monastère, au coeur du village mérite tout votre intérêt (il se pourrait malheureusement qu'il se soit effondré sous l'effet du séisme du printemps 2015).
S'il n'y a pas trop de neige, Samdo vous offre d'autres possibilités d'acclimatation comme le Lajyung Pass, à 5120m sur la frontière du Tibet!
Si la montée vers le Larkya La depuis Dharamsala est très progressive (au point de paraitre interminable), la descente peut être délicate par neige glacée: le début emprunte la crête ventée d'une moraine peu susceptible d'être enneigée, mais la portion qui suit consiste en une longue traversée descendante en versant nord, avant de rejoindre la moraine du glacier Salpudanda vers 4000 m d'altitude. C'est la seule partie pouvant se révéler techniquement difficile du tour du Manaslu. Cette étape nécessite environ 8h de marche et ce n'est qu'avec une tente que vous pourrez la raccourcir.
Pratiquement personne ne s'aventure à faire le Tour du Manaslu dans le sens horaire en raison de la (trop) rapide montée en altitude, mais si vous n'envisagez pas de passer le Larkya La et que vous vous trouvez sur le Tour des Annapurnas, une option intéressante pour ceux qui s'intéressent aux variantes est de monter à Bimthang depuis Dharapani. Vous ne verrez guère de beaux villages (Bimthang ne comptait que quelques bergeries avant la construction de lodges et Tilije est déjà bien affecté par ce type de "développement"), mais les paysages au dessus de Gho sont parmi les plus variés et plus fantastiques qu'offre l'Himalaya népalais ♥. Avec une tente, il est même possible de faire une boucle en montant de Karte ou Nache au Dona Tal, puis en redescendant sur Gho par le Tripple Pass (4500m) (Bien entendu, si comme David Snellgrove, -Himalayan Pilgrimage, 1981-, vous arrivez à Dharapani après plusieurs semaines de vagabondage sur les sentiers himalayens, faire ce tour en sens inverse du sens habituel décrit ici est tout à fait envisageable).
Notes ↑
(1) nom donné par les Tibétains à la partie haute de la vallée de la Buddhi Gandaki.Références ↑
www.amis-de-laprak.com Une association apportant une aide précieuse aux écoles des villages gurungs de la région de Laprak.Laprak apres le séisme (Suman Gurung).
Le village de Samdo, présenté sur le site d'une autre ONG française.