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Dossiers photographiques

Lorsque des européens un peu curieux (Cook, La Pérouse) visitent l'ile de Pâques vers la fin du 18e siècle, ils découvrent une population peu nombreuse, des ahu (plateformes) le plus souvent abandonnés, les statues souvent couchées, de rares pirogues de 3 ou 4 m de longueur au plus. Ils sont frappés par le contraste entre les traces d'un passé monumental (les statues) et la modestie de la civilisation qu'il se présente à eux.
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Ahu Tongariki; restauré dans les années 1990 après sa destruction par un tsunami en 1960 qui déplace les statues déjà couchées; © Michel Racine

Disparition de la forêt

La Pérouse formulera pour la première fois la théorie de l'auto-destruction: «l'imprudence a fait disparaitre [les arbres], soumettant ainsi le pays a une cruelle sécheresse». L'idée est remarquable pour l'époque mais doit être questionnée aujourd'hui.

La disparition de la forêt a pu être confirmée par l'étude des pollens (piégés dans la tourbe au fond des lacs de cratère), et l'analyse de noix de Palmiers "fossilisées" (Delhon, 2008). Les études de pollens ont été réalisées sur les trois lacs de cratères et donnent des résultats concordants (Kevin Butler et John R. Flenley, 2010), pour le Rano Kau, (Núria Cañellas-Boltà et al, 2013) pour le Rano Raraku. Il y a environ 10 000 ans, à la fin de la dernière glaciation, le climat de l'ile s'est réchauffé et est devenu plus humide, permettant l'installation de la forêt. L'ile possédait des cours d'eau permanents et la plupart des sols étaient bien plus épais et plus évolués qu'aujourd'hui. S'il semble vraissemblable que la pression exercée par la population a pu fragiliser la végétation de l'ile, il nous est difficile de concevoir que les habitants aient été aveuglés au point de détruire tous les arbres comme l'a imaginé Jared Diamond. L'arbre le plus emblématique éteint à jamais est le Palmier niu (dont la croissance était probablement très lente et qui devait sans doute comme son cousin chilien atteindre un âge avancé avant de se reproduire). Hunt a proposé l'hypothèse selon laquelle la forêt aurait été détruite par les rats (Hunt, 2007): l'introduction involontaire du Rat comme passager clandestin des navires a été particulièrement préjudiciable au Palmier dont les dernières noix découvertes (datées plus ou moins de l'an 1500) sont presque toutes grignotées.

Mais une autre étude cette fois sur les charbons (Orliac, 1998) suggère une biodiversité des forêts natives de l'ile de Pâques conséquente; il existait 9 espèces d'arbres; l'ile était couverte de forêt et non d'une savane à grand Palmier. Le Rat a pu faire disparaitre les Palmiers mais non la totalité des arbres. La flore originale (avant les introductions modernes) comportait au moins 80 plantes constituant une forêt mésophile à basse altitude et une forêt humide plus haut. Les variations des courants marins auraient pu jouer un rôle dans les changements climatiques (Abarca del Rio, 2017).
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Jubaea chilensis. Le Palmier à miel du Chili est l'espèce la plus proche du Palmier disparu mais il est lui aussi menacé; crédit Wikimedia.
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Sophora toromiro; crédit Wikimedia.

Le Palmier niu (Paschalococos disperta) était proche du Palmier à miel (Jubaea chilensis), une espèce chilienne elle aussi menacée. Les coulées de lave du Tervaka ont fourni des restes fossilés du Palmier niu indiquant des troncs atteigant deux mètres de diamètre ce qui en faisait le plus grand palmier du monde. Quelques graines de Toromiro (Sophora toromiro) ont été sauvées par Thor Heyerdahl dans les années 50, et l'arbuste présent dans des jardins botaniques est en cours de réintroduction (difficile) sur l'ile.

Les arbres étaient essentiels pour fabriquer les pirogues (Alphitonia zizyphoides et Elaeocarpus sont deux arbres non endémiques disparus de l'ile mais utilisés ailleurs en Polynésie pour fabriquer ces bateaux) et vraissemblablement pour transporter et ériger les statues. Le rituel funéaire impliquait une crémation, ce qui nécessaitait de grandes quantités de bois. Lorsque le bois a disparu les corps ont été enfouis, parfois près d'un ahu, parfois sous un moai couché.

Seuls quelques arbustes utiles (Broussonetia pour le tapa et Triumfetta pour les cordes survivront à la catastrophe écologique (Jean-François Butaud in Aurélien Pierre, 2018 p.172). Les moutons intriduits par les européens ont fait disparaitre les derniers Toromiro.

Mis à part les quelques cocotiers (Coco nucifera) présents à Anakena et Tongariki, les arbres les plus visibles aujourd'hui sont des Eucalyptus, cultivés près d'Hanga Roa ou peuplant certains cratères; toutes ces espèces évidemment introduites.

R. Abarca del Rio, T. Correge, T. Delcroix, B. Malaizé. 2017. Le phénomène La Niña et la catastrophe écologique de l'ile de Pâques. La Météorologie.

Terry L. Hunt. 2007. L'ile de Pâques détruite par les rats ?. Pour la science 315, janvier: p28. (2006. Rethinking the Fall of Easter Island. American Scientist, Volume 94, Number 5: p.412, september-october; Research Gate.)
De nouvelles données suggèrent une explication alternative à la théorie convenue de l'effondrement de cette civilisation.

Claire Delhon, Catherine Orliac. 2007. The vanish palm trees of Easter Island : New radiocarbon and phytolith data. Conference: VII International Conference of Easter Island and the Pacific.

Orliac Catherine. 1998. Données nouvelles sur la composition de la flore de l'ile de Pâques. Journal de la Société des océanistes 107, 1998-2. pp. 135-143. doi.org/10.3406/jso.1998.2053

Catherine et Michel Orliac. 2008. Extinct flora of Easter Island in A. Di Piazza. Les cahiers de l'archéologie en Nouvelle Calédonie 18, Nouméa: 197-208.

La tragique histoire du Palmier de Rapa Nui. Musée de Toulouse.

L'organisation sociale

La paradigme culturel des premiers arrivants reste très mystérieux. L'arrivée est racontée dans des mythes. La société était extrêmement hiérarchisée. L'utilisation du sol était répartie en secteurs finissant à l'intérieur de l'ile sur un point élevé et commencant en mer. Chaque secteur était confié à une tribu (clan) par le souverain de l'ile (Catherine et Michel Orliac in Aurélien Pierre (dir.), 2018 p.21).

La cuisson se fait dans des fours polynésiens creusés dans le sol, dont on a trouvé de nombreuses traces. Vers 1640, l'herbe est utilisée à la place du bois comme combustible, soit une centaine d'années avant l'abandon du culte des moai.

L'analyse des déchets des dépotoirs (Ayres, 1985) montre que la civilisation des moai pouvait capturer des poissons de grande taille (Thon) et même des Mammifères comme les Dauphins, ce qui nécessitait des pirogues rapides et de taille conséquente; néanmoins la pêche en haute mer devait être réduite et fournissait des ressources relativement rares. La pêche cotière était plus facile et plus développée sur les côtes ouest et nord de l'ile que sur la côte sud; l'inverse était vrai pour l'agriculture, ce qui s'accorde avec l'existence d'échanges de nourriture entre clans. Toutes les espèces d'oiseaux terrestres endémiques de l'ile ont disparu du fait d'une chasse excessive et les oiseaux migrateurs marins nichant sur l'ile étaient consommés, ainsi que leurs oeufs; pourtant les habitants élevaient des poulets dans des poulailliers de pierre toujours visibles aujourd'hui (des poulets ont étés offerts à Roggeveen en 1722). Les poulets constituaient une grande part de l'alimentation animale, mais les volailles sont d'abord des offrandes aux dieux, et les plumes conservées pour les coiffures masculines.

La nourriture végétale laisse peu de traces, mais devait constituer l'essentiel de l'apport alimentaire. Pour Ayres un pic de population est atteint vers 1400. La population décline ensuite assez vite en raison d'une forte pression sur les ressources de l'ile, d'un assèchement du climat du à la déforestation. La collecte de coquilles, même petites, sur les côtes aurait alors augmenté.
Williams S. Ayres. 1985. Easter Island Subsistence. Journal de la Société des océanistes, 80, t41, pp. 103-124. doi.org/10.3406/jso.1985.2805

Ahu et moai

Les plateformes de pierre (ahu) généralement édifiées au bord de l'océan permettent d'honorer les ancêtres et d'obtenir leur protection; plus de 250 sont édifiés sur l'ile. Les plateformes sont sacrées. Une cinquantaine supporte des statues (moai) qui représentent les ancêtres. On a retrouvé quelques petites statues, comme ailleurs en Polynésie, mais la particularité de l'ile de Pâques est le gigantisme de la pupart des autres. On ne sait pas ce qui a déterminé cette évolution, mais la roche utilisée, un tuf volcanique est facile à façonner et pas trop dense ce qui n'empêche pas les plus grandes statues de peser des dizaines de tonnes !
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Ahu Nau Nau, plage d'Anakena, restauré vers 1970; la terrasse est précédée par une rampe (tahua) couverte de galets (poro); © Michel Racine

Presque toutes les statues sont originaires du cratère du Rano Raraku et leur coiffe rouge (lorsqu'elles en possèdent une) du volcan Puna Pau. Ces deux volcans sont sacrés et la roche considérée comme chargée d'énergie positive; de petits fragments de roche issus de ces deux sites sont d'ailleurs dispersés dans toute l'ile sur les sépultures et sur les ahu (Catherine et Michel Orliac in Aurélien Pierre, 2018 p.23). Le déplacement de tous ces éléments à travers l'ile nécessité la coopération des différents clans, un argument puissant en faveur de l'existence d'un souverain unique. Depuis William Thomson (Thomson, 1886) on interprète Le Rano Raraku comme une carrière et les nombreuses statues présentes comme en attente de transport. Sur les chemins rayonnant du Rano Raraku les statues sont fréquentes et considérées comme en cours de transport. Cette hypothèse a été largement reprise par de nombreux auteurs.

Elle est contestée par Nicolas Cauwe (Nicolas Cauwe in Aurélien Pierre, 2018 p.60). Les arguments développés par Cauwe sont multiples:
- Le nombre de statues du Rano Raraku est considérable (près de 400), disproportionné par rapport à celles présentes ailleurs sur l'ile si elles sont là "en attente" (les moai associés aux ahu sont environ 300). Routledge (1919) avit déjà pointé ce fait.
- Les statues du Rano Raraku sont plus ou moins enterrées et certaines sont posées sur une base de pierre soigneusement construite: elles étaient placées là pour un certain temps, si ce n'est à titre définitif (on peut imaginer qu'une partie du terrain recouvrant la base de ces statues provienne d'éboulements naturels sur les pentes du cratère sans en avoir de preuve formelle).
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Rano Raraku; ce point de vue est probablement le plus photographié de toute l'ile; l'enfouissement du corps des moai peut être dû à l'érosion et aux éboulements de terrain; © Michel Racine
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Rano Raraku; Pierre Loti, 1872. Public domain.

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Ahu Akivi; © Michel Racine
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Rano Raraku; © Michel Racine

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Rano Raraku; fouilles dirigées par Jo Anne Van Tilburg; © Michel Racine.

- Les statues érigées dans le cratère ont des caractéristiques particulières: leurs dimensions sont souvent considérables et elles sont plus élancées; elles ont un front prohéminent; les fouilles montrent qu'une partie au moins des statues présente des décors gravés sur leur partie enfouie. Un changement stylistique semble être intervenu dans la conception des statues. L'ahu Nau Nau d'Anakena porte des statues qui s'apparentent à ce style tardif quoi qu'assez petites.

Les statues du Rano Raraku ne possèdent pas d'yeux. On admet que les yeux (plus précisément les cavités des yeux) étaient taillés une fois le moai arrivé à destination.
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Oeil et fragment de moai trouvé à Anakena; museo P. Sebastian Englert, Hanga Roa; © Michel Racine.

C'est d'ailleurs aussi à Anakena qu'on a découvert un oeil constitué de corail blanc et d'une pupille rouge. On pense que les yeux n'étaient mis en place dans leurs cavités que lors des cérémonies.
Quand aux statues dispersées sur les chemins, elles sont généralement face contre terre (comme d'ailleurs presque toutes les statues couchées de l'ile). L'analyse de petites canelures crées par le ruissellement sur le tuf montre qu'elles ont passé au moins autant de temps en position verticale qu'en position horizontale: du temps de la civilisation des moai, ces statues étaient dressées sur le bord des chemins du Rano RaraKu (Nicolas Cauwe in Aurelien Pierre, 2018 p.64).

S'il est difficile de dater précisément chaque moai et d'associer la différence stylistique entre les moai du Rano Raraku et ceux des ahu à une chronologie, les études archéologiques montrent que les ahu évoluaient au cours du temps selon un cycle plusieurs fois répété (Ayres, 1971) (Cauwe, 2011). Un ahu était désafecté lorsque des pierres de la terrasse étaient prélevées pour être placées ailleurs (où elles transmettaient leur pouvoir surnaturel), puis on répandait de la poudre rouge, enfin les statues étaient démontées à l'aide de mats et de rampes inclinées pour être tranportées sur de nouveaux ahu (on ne sait pas trop si les moai étaient réutilisés tels quels ou s'ils étaient fragmentés pour servir de pierre de construction des platesformes, ou les deux). Un ahu abandonné pouvait être remis en service plus tard, certains ont été reconstruits jusqu'à 4 fois.

Enfin, même si le fait ne s'applique qu'aux ahu placés près du rivage le risque de destruction par tsunami est présent et la nature nous en a fait une démonstration à Tongariki en 1960 déplaçant certains éléments de l'ahu sur des centaines de mètres à l'intérieur des terres.
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Ahu (Vai Mata) transformé en nécropole; © Michel Racine
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Une plateforme abandonnée (Vai Mata): moai couché face contre terre et ahu couvert de petites pierres); © Michel Racine

A l'époque du "grand changement culturel" (remplacement du culte des ancêtres par celui du dieu Makemake) les ahu ont été définitivement abandonnés (ou transformés en nécropoles) et les moai couchés sur place, face contre le sol, avec suffisament de précautions pour les conserver intacts. Les ahu sont alors couverts de petites pierres, accentuant l'aspect d'abandon.
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A View of the Monuments of Easter Island, voyage de James Cook, 1774 (1795); National Maritime Museum, London; Public domain.

Tous les ahu n'ont pas été délaissés en même temps puisque certaines statues étaient encore debout lors des premières visites d'européens (en particulier lors des visites de Cook et de La Pérouse).
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Une fête religieuse; gravure de l'Illustration du 17 août 1872 d'après un dessin (imaginaire) de Pierre Loti. Public domain.

100 ans plus tard tous les moai étaient couchés (sauf ceux de Rano Raraku) et Pierre Loti doit laisser aller son imagination pour donner vie aux ahu qu'il représente dans l'Illustration (la scène de fête religieuse). Selon Diamond, le dernier moai érigé a été vu par des navigateurs en 1838.
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Moai; presqu'ile de Poike; © Michel Racine

Les ahu sont rares sur la presqu'ile de Poike et les moai réalisés en trachyte (trois petits dômes de lave affleurent sur la presqu'ile).
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Hoa Hakananai'a ; British museum

La statue Hoa Hakananai'a, "volée" par l'équipage du navire britanique HMS Topaze en 1868, et actuellement au British museum de Londres est une statue de basalte de 2,4m de hauteur. Découverte à demi-enterrée à Orongo dans une maison cérémonielle, elle présente des gravures sur son dos (et une moins visible sur son torse). Dans la partie basse un signe en Y, un croissant, un cercle, éléments qu'on retrouve sur la partie enfouie de moai du Rano Raraku. Dans la partie haute deux hommes-oiseaux face à face (une étude montre plusieurs gravures d'hommes-oiseaux superposées au cours du temps).

Si les gravures de la partie basse datent de la fabrication de la statue, celles de la partie haute indiquent clairement des réutilisations sucessives; on ne dispose malheureusement pas d'analyses pétrographiques permettant de savoir de quelle carrière provient la statue et où elle avait pu être érigée à l'origine (elle pèse plus de 4 tonnes, donc n'est pas si facile à déplacer).

En 2019, Anne Van Tilburg rejoint Nicolas Cauwe dans l'idée que les statues du Rano Raraku sont destinées à rester sur place et fait du cratère un site agricole majeur pour l'ile.

Les modalités du transport des statues ont beaucoup agité les esprits des explorateurs (et des archéologues). Les théories formulées par de nombreux auteurs oublient qu'à l'époque du transport l'ile était couverte de forêt et reposent plus sur la recherche du fantastique que sur un raisonnement rationnel.
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Ahu Uki Ature. Cette statue imposante a été redressée en 1955 par une dizaine de villageois devant Thor Heyerdahl; © Michel Racine

L'intervention d'extraterrestres (Erich Von Daniken, 1972) ou le transport par lévitation (Mazière) ne sont pas finalement les propositions les plus incroyables ou les plus fantaisistes. S'appuyant également sur les mythes transmis oralement (les moai "marchent"), l'idée du transport des moai debout a été developpée par Pavel Pavel et Heyerdahl (1986), puis reprise par Hunt et Lipo (2011); ces derniers se sont même livrés à une expérimentation sur une réplique grandeur nature: le moai maintenu en position verticale par des cordes avançait grâce à des oscillations.
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Déplacement d'un moai sur un traineau de bois et des rondins, d'après Anne Van Tilburg, 1998

Plus raisonnable est d'imaginer le transport des statues allongées sur un traineau de bois dont le glissement est facilité ou non par des rondins (Thor Heyerdahl, 1956), (Anne Van Tilburg, 1998), une pratique présente actuellement en Polynésie et ailleurs dans le monde pour tirer sur le sol les objets les plus lourds.

Williams S. Ayres. 1971. Radiocarbon dates from Easter Island. The Journal of the Polynesian Society, 80, number 4, p 497-504. The Polynesian Society

Anne Van Tilburg. Move a megalith.

Unearthing the mystery of the meaning of Easter Island's Moai. UCLA.

Bibliographie

Aurélien Pierre (dir.). 2018. L'ile de Pâques. Actes sud / musée Champollion, Figeac / musée Fenaille, Rodez / Muséum d'histoire naturelle de Toulouse.
Le livre accompagne trois expositions présentées simultanément dans les musées co-éditeurs.

William J. Thomson. 1891. Te Pito te Henua; or, Easter Island. Smithsonian Institution, Washington.

de Milet de Mureau. 1792. Voyage de La Pérouse: 79-103. Wikisource.
de Milet de Mureau. 1792. Atlas de Voyage de La Pérouse: planches. Wikimedia.