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Dossiers photographiques

Malgré les restrictions de l'Inner Line Permit, la vallée de Ziro a drainé un temps un flot important de trekkers, de photographes et d'adeptes de tourisme ethnique.
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Rizières, village de Bani Mishi, vallée de Ziro
© Michel Racine.

Habitée quasi exclusivement par la tribu Apatani, ces derniers y ont développé la culture du riz en rizières inondées et se sont sans doute sédentarisés bien avant d'autres communautés agricoles.

Malheureusement cette précocité historique veut aujourd'hui dire que Ziro s'est développé en un petit bourg construit à la va vite et à l'esthétique carrément horrible, tandis que les villages sont eux aussi mités par l'édification de maisons "modernes".

La ville 

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Ziro: une ville indienne comme beaucoup d'autres où toute esthétique et planification architecturale semble n'avoir jamais été imaginée. © Michel Racine.

Le bourg de Ziro lui même reste assez calme du point de vue de la circulation; il n'est pas désagréable de s'y promener à pied, mais mis à part le fait que vous y rencontrerez des vendeuses et acheteuses apatani sur les marchés ou dans les rues, le reste a vraiment peu d'intérêt: les édifices construits de bric et de broc sont un exemple de ce qui peut se faire de pire en Inde question architecture.

Les villages 

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Chamane, village de Hong, vallée de Ziro
© Michel Racine.

Les villages apatanis conservent quelques restes des traditions ancestrales, mais la religion animiste laisse peu à peu la place à un christianisme évangélique et les chamanes, des hommes âgés, peinent à trouver des jeunes à qui transmettre la tradition.
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traditional village council called bulyañ,

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Foyer, village de Hong, vallée de Ziro
© Michel Racine.

Mis à part la présence fréquente d'une télévision, l'intérieur des maisons reste plus fidèle à la tradition que l'extérieur. On y trouve toujours un foyer ouvert, malsain pour les poumons des habitants, mais qui permet de faire sécher et fumer la viande ou des piments. On s'assoit autour du feu sur de petits sièges ronds.

Le lobbying des apatanis est sans doute à l'origine du placement de la vallée par le gouvernement indien sur la liste indicative de l'UNESCO (Apatani Cultural Landscape, 2014). Vu l'évolution rapide des paysages, ce placement devrait avoir peu de chances d'aboutir.


Portraits (détails

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Femme apatani
© Michel Racine.

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Femme apatani
© Michel Racine.

Pendant la première moitié du 20e siècle et au delà, les femmes apatani portaient dans les ailes du nez de volumineux bouchons de bambou () et leur visage était tatoué. L'origine exacte de cette coutume est mal connu, mais on dit qu'elle servait à empêcher les enlèvements par d'autres tribus; la chose sûre c'est qu'Indira Gandi a mis fin à cette pratique dans les années 70 (en la déclarant illégale) et que les hommes n'y ont jamais été contraints.

En pratique 

L'inner Line Permit vous contraint à recourir aux services d'une agence qui organisera votre hébergement et vos déplacements. Les temps où on se déplaçait à pied dans la vallée et où l'on séjournait sous tente sont révolus. Il existe nombre d'hôtels confortables et l'offre semble supérieure à la demande. Attention au fait qu'à l'automne les nuits sont très froides (les bons hôtels ont des radiateurs). Pour les soirées, prévoyez des vêtements adaptés.

Le déferlement de photographes professionnels attirés par les visages des femmes apatani dans les années passées a institué une pratique de photographies payantes. Si vous voulez éviter une relation par trop mercantile et désagréable, vous aurez besoin d'une guide locale connaissant personnellement ces femmes. Il n'y a aucun problème pour photographier hommes et femmes en ville (sur les marchés); non plus dans les villages si vous vous contentez de photographier les hommes. Vous aurez peut-être aussi la chance d'être invité à un mariage qui reste une cérémonie très particulière.

Bibliographie

Apatani Cultural Landscape. Liste indicative de l'UNESCO.