Dossiers photographiques
La partie occidentale fut administrée par le Tibet jusqu'en 1950 (région de Tawang) et la religion pratiquée est le bouddhisme Vajrayana. Les autres vallées constituent une mosaïque de pratiques animistes de plus en plus mélées à des religions chrétiennes (souvent évangélistes) ou parfois au bouddhisme Theravada (birman). Le bouddhisme Vajrayana est également présent dans la partie orientale, associé ou non à l'installation de réfugiés tibétains.
La densité de population est faible et les routes encore peu développées (d'autant qu'elles sont construites par petits morceaux au départ non connectés). Trois projets très ambitieux de routes ouest-est sont planifiés: l'Arunachal Frontier Highway, la plus au nord, la Trans-Arunachal Highway (NH13 au centre) et la East-West Industrial Corridor Highway le long de la frontière avec l'Assam. La plus avancée est la route centrale. L'importance stratégique de ces routes est considérable (surtout la plus au nord), compte tenu des relations compliquées entre l'Inde et la Chine. Le pont Dhola-Sadiya (alias Bhupen Hazarika Setu), le plus long d'Inde (plus de 9km) a été ignauguré en 2017. La production d'électricité hydraulique est largement excédentaire.
Bien des traditions ont disparu en une génération et l'état, dans sa diversité, semble s'ouvrir au monde moderne bien plus rapidement que le reste de l'Inde (l'Inde indouiste).
Histoire (détails) ↑
La partie nord de l'Arunachal est une région disputée depuis longtemps entre Tibet, Inde et Chine. Le monastère de Tawang a été fondé en 1681 par la lama Lodre Gyatso. En 1914 l'accord de Simla entre la Grande Bretagne, la Chine et le Tibet, établit une ligne de démarcation, la McMahon Line entre l'Inde britanique et le Tibet.
Rejeté par la Chine, cet accord est également contesté par les tibétains, au motif que la signature de la Chine n'a pas été obtenue. La ligne MacMahon n'a figuré sur les cartes britaniques qu'en 1935. Le 14e Dalaï Lama n'a accepté de reconnaitre la souveraineté indienne sur la région qu'en 2008, longtemps après son installation en Inde comme réfugié. La Chine a temporairement envahi la région en 1962 et la revendique logiquement, n'ayant pas signé l'accord de Simla et contestant l'existence du Tibet autonome.
Tawang ↑
C'est en franchissant la frontière de l'Arunachal Pradesh que le Dalaï Lama s'est réfugié en Inde, à Tawang, le 31 mars 1959, au terme d'une épopée de 14 jours. Le 18 avril il atteignait Tezpur.Itanagar (détails) ↑
La capitale de l'Arunachal Pradesh, étendue sur de multiples collines semble en chantier permanent. Sans surprise, la circulation y est difficile.Le musée ethnographique est d'un intérêt historique certain. Les remarquables dioramas présentant les tribus relèvent malheureusement (?) aujourd'hui du passé. La collection d'objets ethnographiques est remarquable.
Ne pas manquer le marché.
Les Apatanis et vallée de Ziro (détails) ↑
Ziro est malheureusement une ville indienne comme beaucoup d'autres où toute esthétique et planification architecturale semble n'avoir jamais été imaginées. On est très loin d'un lieu exprimant la tradition locale !Les Apatanis sont une des tribus pratiquant la culture du riz dans des rizières inondées selon une méthode ancestrale, ce qui à valu à la région d'être proposée sur la liste indicative de l'UNESCO du patrimoine mondial. Sans doute trop tard, car la vallée est aujourd'hui le siège d'une évolution extrêmement rapide, ce qui hypothèque fortement l'acceptation de cette demande.
Comme ailleurs en Arunachal tradition et modernité coexistent et le festival de musique de Ziro est plus ouvert à la musique actuelle qu'aux musiques traditionnelles.
Nyishis, Adis et autres tribus (détails) ↑
La région autour d'Aalo est habité par une multitude d'ethnies. Les maisons Adi, solidement construites en bois et bambou, échappent encore à la modernisation, surtout si on s'éloigne des routes. Les Adi Minyong sont accueillants et il est possible de s'héberger sur le principe du homestay.Pasighat ↑ (détails)
Une ville indienne comme une autre, mais la faible fréquentation touristique permet au moins de faire de belles rencontres sur le marché.Tezu et le Lama Camp (détails) ↑
Ce petit bourg commerçant mais paisible au pied des montagnes est représentatif d'une Inde multiculturelle. Un intéressant camp de réfugiés tibétain est présent non loin; cossu et paisible.Namsai ↑ (détails)
L'imposante pagode d'or, comme d'autres au voisinage est représentative du bouddhisme Theravada.Architecture (détails) ↑
En pays Adi l'architecture locale est bien préservée, les contructions n'utilisant que les matériaux locaux (sauf quelques bâtiments voisins des routes ou pour les pilotis). Certaines maisons atteignent une taille respectable.Les villages apatanis sont bien plus groupés, avec des maisons plus modestes en taille, mais qui semblent être de plus en plus influencées par la modernité.
En pratique ↑
L'indouisme étant beaucoup moins influent que dans d'autres états, la consommation d'alcool y est aussi bien plus répandue. L'apong (rice beer) ou alcool de riz est une boisson tribale traditionnelle, mais dans dans les grandes villes les wine shop sont très visibles et barricadent leur marchandise derrière des grillages (sans doute pour se protéger des consommateurs trop éméchés).
Bibliographie
()Tiziana et Gianni Baldizzone. 1993. L'Inde des tribus oubliées. Chêne (réédité en 2008). ♥
Une autre face de l'Inde. Ce livre est magnifique (vous pourrez peut-être vous le procurer chez les libraires vendant des livres d'occasion); malheureusement il faudrait le renommer "l'Inde des tribus disparues" tant les problèmes signalés dans l'introduction du livre sont devenus réalité.
Adivasi_people_of_Arunachal_Pradesh
Office du tourisme officiel
Une autre face de l'Inde. Ce livre est magnifique (vous pourrez peut-être vous le procurer chez les libraires vendant des livres d'occasion); malheureusement il faudrait le renommer "l'Inde des tribus disparues" tant les problèmes signalés dans l'introduction du livre sont devenus réalité.
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