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Goin (prononcez go-in) est un street artist engagé, un peu à la manière d'un Banksy, et peut-être en plus provocateur, en tous cas en plus dénonciateur. Rien ne lui échappe de la pollution nucléaire ou chimique, des comportements sexistes, des atteintes aux libertés. Il s'attaque à la religion, aux médias, aux puissances de l'argent.

Au début des années 2000 et même un peu avant, il participe à un étonnant musée de l'art urbain, la "Demeure du chaos", situé près de Lyon, ainsi qu'à un projet similaire utilisant un navire abandonné, le "Black Duke of Lancaster" échoué à Llanerch-y-Mor, sur la côte nord du Pays de Gales.

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Fukushima Danaids, centrale nucléaire du Bugey, 2014; © Goin
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Fukushima Danaids, centrale nucléaire du Bugey, 2014; © Goin

Ce stencil placardé sur un des murs de la centrale nucléaire du Bugey a été repris en couverture de la revue Sortir du nucléaire.

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Branded, rue Génissieu, Grenoble, 2015; © CC (Attribution: Michel Racine)
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The Moon Child, rue du Phalanstère, Grenoble, 2017; © CC (Attribution: Michel Racine)
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I Spray for You, rue Génissieu, Grenoble; © CC (Attribution: Michel Racine)


Comme Banksy, il préfère l'anonymat et n'apparait jamais à visage découvert.
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Lady Refugee, 2017; © Creative commons (Attribution: Goin, pas d'utilisation commerciale).

Comme Sheypard Feray, il vend certaines de ses affiches au profit d'oeuvres caritatives, tels les tirages de Lady Refugee pour une association venant en aide aux migrants naufragés.
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Marianne au rouleau, 2014 (2018); © Creative commons (Attribution: Goin, pas d'utilisation commerciale).

Sa Marianne au rouleau, directement inspirée d'Eugène Delacroix est l'emblème de la Street Art Fest grenobloise.
Toujours inspirée de Delacroix, mais transposée dans un contexte plus moderne, sa liberté de 2016 est moins consensuelle.

En juin 2016, Goin provoque la polémique avec une fresque représentant une femme à terre, Liberté moderne tenant un drapeau bleu-blanc-rouge effiloché, frappée par deux policiers en tenue anti-émeute; sur un des boucliers de policier est écrit "49-3" tandis que le coude de la femme repose sur les livres "1984" de Georges Orwell et "Le Meilleur des Mondes" d'Aldous Huxley, le titre de l'œuvre étant: L'État matraquant la liberté; les services de police grenoblois ont tenté -sans succès- de porter plainte et la fresque tagguée par des pros et des antis a fini par disparaitre (elle était peinte sur un mur destiné à la démolition et la démolition est survenue -sans relation avec la polémique- bien plus tôt que prévu); un minimum d'analyse montre que la cible visée était davantage le gouvernement (et son premier ministre de l'époque, Manuel Vals) que son bras armé, c'est à dire la police.
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L'Etat matraquant la Liberté par Goin, 2016, sérigraphie; © Creative commons (Attribution: Goin, pas d'utilisation commerciale).
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Toxic Wedding, 2018, par Goin; Place du 8 mai 1945, Pont de Claix; © Michel Racine.

Bien que réalisée à l'occasion de la Street Art Fest 2018, la fresque Toxic Wedding a été peinte en une nuit (et en toute discrétion). Elle se situe à moins de 100 mètres des usines chimiques de Pont de Claix.

Bibliographie

Anarchically yours, une exposition au Spacejunk Art Center qui se termine le 28 juillet 2018. Ni dieu ni maitre, ni religion, ni capitalisme ! La page de présentation de l'exposition vaut le déplacement.

Pascal Maillard. 2016. L'État matraquant la liberté. Sur le site Médiapart.

www.goinart.net site officiel.
www.flickr.com/ Goin, par Goin sur Flickr.