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Dossiers photographiques


Le cratère de Tompaluan (1 140 m) se situe sur la selle entre les deux sommets jumeaux du Lokon et de l'Empung.

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Le Lokon, le cratère Tompaluan et l'Empung depuis le Mahawu
© Michel Racine
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Le cratère Tompaluan en 2003
© Michel Racine
Le sommet du Lokon est plat; celui de l'Empung présente un cratère mais l'activité s'est déplacée vers le Tompaluan au 18e siècle. Ce volcan ne reste guère plus de quelques années sans entrer en éruption, mais celles-ci se limitent le plus souvent à l'émission de panaches de cendre et de bombes volcaniques. Entre les éruptions, le plancher du cratère Tompaluan est parfois recouvert par un lac. En 1976 le cratère montrait un dôme de lave actif (source: Katia et Maurice Krafft). Comme tous les volcans du nord Sulawesi, le Lokon-Empung fait partie de l'arc des Sangihe.

Compte tenu de sa facilité d'accès le cratère reçoit de nombreuses visites de locaux, en particulier les dimanches et jours fériés.

En pratique

La randonnée peut se faire entirement à pied depuis Tomohon, avec une dénivelée d'environ 300 m (1h30). L'accès au sommet du Lokon lui-même, à gauche une fois arrivé au cratère, est bien plus difficile en raison de son altitude supérieure (1 579 m), mais surtout de la végétation dense et coupante de ses pentes (les feuilles sont de vrais rasoirs). Ce sommet est plat (sans cratère); le cratère inactif de l'Empung est à 1 340 m.

Le volcan est surveillé par le poste volcanologique de Kakaskasen qui mérite une visite préalable et possède même une webcam. Comme tous les volcans indonésiens, les nuages apparaissent souvent dès 10h, sans compter l'eau apportée par le panache de dégazage: pour des vues dégagées, il est plus que conseillé de faire l'ascension le matin. Emporter un masque à gaz est une sage précaution, surtout si on compte descendre sur la terrasse intermédiaire du cratère.

Le récit qui suit correspond correspond à une ascension réalisée en 2003.

«Nous partons à pied de l'hôtel; il est 8h et une belle lumière éclaire le sommet du Lokon nous faisant face. Nous longeons la route en direction de Manado; il n'y a pas trop de circulation, mais ce n'est jamais bien agréable. 15min plus loin, nous nous engageons à gauche sur une route latérale entre une école et un hôtel. Plus loin, on dépasse une carrière exploitant les cendres. En montant toujours, la route se transforme en piste et nous longeons de nouvelles exploitations, beaucoup plus artisanales.

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La montée emprunte le lit à sec d'une rivière
© Michel Racine

A présent il n'y a plus qu'un sentier, voir pas de sentier du tout. Nous nous élevons dans le lit du torrent, sur d'anciennes coulées polies par l'eau. De petits passages d'escalade facile ajoutent à l'agrément de l'itinéraire. Les fougères arborescentes encadrent les rives, se découpant sur le ciel bleu.

Au bout d'une heure la végétation se fait rare et le sol plus cendreux; d'énormes bombes à la surface craquelée se repèrent facilement. A gauche, des pentes douces mais nues et ravinées mènent au cratère de Tompaluan.

Arrivé au cratère, une descente assez raide, d'environ 100 m, permet d'atteindre un replat d'où on distingue un deuxième cratère emboité. S'en élèvent force fumeroles. Nous descendons serrés pour éviter les chutes de pierres. De temps à autre les nuées nous empêchent de respirer, l'acidité rempli l'air. Au moins, ces nuages sont blancs, indiquant un contenu riche en vapeur d'eau. Nous longeons le bord du puit vers une zone moins exposée.»

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Le cratère Tompaluan en 2016
© Michel Racine
Je suis retourné au Tompaluan en 2016, malheureusement dans l'après-midi et le cratère était presque totalement masqué par les nuages. L'activité était très forte (classé par son observatoire en niveau 2, mais il était en niveau 3 la semaine précédente et a été remonté à ce même niveau 3 la semaine suivante. Le puissant panache de dégazage produisait un sifflement permanent et la terrasse intermédiaire du cratère montrait de nombreux signes d'affaissement.

Le niveau d'activité ne permettait pas la descente qui de plus m'a semblé extrêmement difficile et dangereuse en raison des pentes (le deuxième cratère emboité s'est considérablement élargi depuis mes photographies de 2003; il est vrai que de nombreuses éruptions se sont produites entre-temps).


Bibliographie

() Lokon - Empung (Global Volcanism Program).
() www.vsi.esdm.go.id/cctv/detail_cctv.php?id=3 Webcam du Lokon.