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Dossiers photographiques


Le villages Ngada sont particulièrement structurés et propres, présentent une architecture spectaculaire, cependant que les traditions animistes restent fortes. Ces villages sont depuis longtemps sur le circuit touristique (plus certains que d'autres), mais le flux des visiteurs reste plutôt raisonnable. Le cône parfait du volcan Inerie invitant à l'ascension et des sources chaudes propices à la détente constituent des attraits complémentaires.

Je suis revenu dans cette région après une première visite il y a 15 ans. Bien sûr il y a quelques motocyclettes, des téléphones portables, de discrètes paraboles pour la télévision, mais sur le fond, pas grand chose n'a changé ici, comme si le temps s'était arrêté (c'est suffisamment rare pour être signalé)...

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La bulle de savon, Bena
© Michel Racine
Les sources chaudes sont fréquentes au voisinage de Bajawa. A Malanage se situe la confluence d'une rivière chaude et d'une rivière et cerise sur le gâteau, les lieux ne sont pas aménagés...
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La pièce centrale de la maison (Sao one) est particulièrement sacrée, village de Gurusina
© Michel Racine

Architecture  (détails

Les maisons sont disposées autour d'un espace central rectangulaire occupé par deux sortes de petites "chapelles", les ngadhu et les bhaga.

On trouve parfois en complément des mégalithes et des tombes dans cet espace central.

Le faÎte des maisons d'habitation des chefs de clan (ainés) est surmonté d'une d'une petite maison ou d'une représentation humaine (guerrier). Les premières (sao pu'u) sont occupées par la lignée féminine, les secondes (sao lobo) par la lignée masculine. Les autres maisons (sao kaka) sont celles des "descendants".
Conformément à la tradition, chaque clan possède son sao pu'u, un sao lobo, un ngadhu et un bhaga.
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Sarong cérémoniel rehaussé de coquillages, village de Borani
© Michel Racine

Ikat 

Le lawo butu est un sarong cérémoniel rehaussé de coquillages; il est porté par les femmes (autrefois celles de la caste supérieure) lors des grandes occasions.
Un changement est aujourd'hui sensible dans un village touristique comme Bena où la production s'oriente vers la demande extérieure, et même vers la mode.

En pratique 

La plupart des villages sont accessibles par la route, mais vous pourrez souvent vous déplacer à pied d'un village à l'autre. Ceux qui ne sont accessibles qu'à pied sont généralement restés plus à l'écart du monde moderne. Visiter le pays Ngada vous demandera quelques efforts de préparation et du discernement pour éviter les pièges constitués par les vraix/faux guides et tous les prétendus "offices de tourisme" privés qui se sont développés à Bajawa avec le temps; les villages les plus intéressants sont sans doute ceux qui ne figurent sur aucune carte et ne sont cités par aucun guide.

Mais l'accueil est partout excellent et la multiplicité des villages disperse les touristes. Plusieurs de ces villages participent à des programmes de homestays, une expérience à ne pas manquer: les visiteurs sont traités comme des hôtes et le repas du soir est généralement précédé par le sacrifice d'un poulet qui sera ensuite consommé (ou plusieurs). Selon la tradition, ce sacrifice à pour but de se concilier les esprits des ancètres et permet la divination par l'examen des viscères des animaux sacrifiés.

Bena
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Vente d'ikat, Bena
© Michel Racine

Le village le plus touristique du pays ngada s'étage sur une crête et est particulièrement photogénique en fin de journée. Avec le tourisme, il s'est un peu transformé en un musée vivant du tissage: production et vente d'ikat sont florissantes dans le village lui même ou dans les boutiques voisines siuées plus près de la route.

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Le village de Bena en 2001
© Michel Racine
Des cheminements pavés ont été aménagés devant les maisons, semble t-il avec l'aide de l'UNESCO, faisant disparaitre quelques tombes et réduisant l'importance des mégalites centraux; sinon pas grand chose n'a changé en 15 années.
Borani
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© Michel Racine

Peu de touristes s'arrètent dans ce village pourtant très accessible, car situé au bord de la route. La tôle ondulée a remplacé l'herbe alang alang sur une bonne partie des toits des maisons, mais la plupart des traditions sont conservées, en particulier celle du tissage.
Gurusina
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© Michel Racine
L'immense place autour de laquelle s'alignent les maisons de ce gros village semble un peu vide, mais l'accueil est chaleureux et les maisons finement décorées. Un programme de homestay (Flores Homestay Network) tourne depuis plusieurs années et certains habitants parlent un peu l'anglais.
Tololela 
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Maison, Tololela
© Michel Racine
Le village est à une bonne heure de marche de Bena, par un sentier agréable. Il existe aussi une piste, mais vu sa raideur en 2016, elle n'était guère praticable que par des motos. Cette situation assure la tranquilité du village qui s'étage sur les pentes de l'Inerie. Tout est magnifique ici et un programme de homestay (un réseau différent de celui de Gurusina) permet d'y passer la nuit.
Wogo
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Forgeron, Wogo, 2001
© Michel Racine
Le tissage n'est pas pratiqué dans ce village qui s'est spécialisé dans des productions complémentaires de celle de ces voisins comme la vannerie et les outils en métal.
Belaraghi
Plus loin des sentiers battus, Belaraghi n'est accessible que par la marche. L'accès routier passe par Pauleni, puis Paukate d'où l'on peut démarrer la randonnée. Une alternative plus longue (11km) est de partir du village de Beiposo plus près de Bajawa.

Bibliographie

 Lawo Butu. The Metropolitan Museum of Art.