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Dossiers photographiques

Une des randonnées les plus réputées de la vallée de Chamonix. L'ensemble de l'itinéraire n'est pas exceptionnel, mais les 100 derniers mètres, face au Mont Blanc, offrent un paysage fabuleux (inutile de préciser que cette randonnée doit se faire par beau temps ne serait-ce que pour profiter du panorama).
Dénivelée: 1500 m.
Montée : 4 à 5 h; descente: 3 h.
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Mont Blanc du Tacul, Mont Maudit, Mont Blanc, dôme du Gouter, depuis la Jonction
© Michel Racine

Itinéraire

L'itinéraire démarre du parking le plus haut de la commune des Bossons, près du tremplin olympique (1 199 m). Suivre les pancartes indiquant Chalet des Pyramides. La montée traverse le haut d'une piste de ski, puis la piste menant au Chalet des Glaciers (que l'on peut éviter). Par une longue série de lacets en forêt un peu monotones, on s'élève jusque vers 1 900 m où l'on franchit la crête par un passage offrant les premières vues sur le glacier des Bossons. Le sentier descent légèrement puis remonte sous le Chalet des Pyramides par un passage délicat, mais bien sécurisé. Dans le haut de la Montagne de la Côte, le sentier repasse versant Taconnaz, redescent légèrement, puis rejoint le sentier en provenance de la moraine de Taconnaz (ne pas chercher à passer par le fil de l'arête, mais suivre le balisage). Le sentier s'élève en écharpe à nouveau versant Bossons, offrant des vues splendides sur le glacier, puis le balisage se faufile dans les rochers : escalade facile et amusante). Vers 2500 m, la vue se dégage et on aperçoit le gros rocher constituant le gîte à Balmat (plaque commémorative). Il vous reste à vous élever de quelques dizaines de mètres sur cette presqu'ile rocheuse environnée par les glaces jusqu'au point marqué par une pancarte (2 589 m). Le retour se fait par le même chemin.
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Le glacier de Taconnaz
© Michel Racine

Variante: montée par la moraine de Taconnaz; cet iténaire est déconseillé car de plus en plus envahi par la végétation dans sa partie basse. S'il était réaménagé, il permettrait un parcours en boucle bien plus intéressant que l'aller et le retour par la voie des Pyramides. Traverser le hameau du Mont en direction du chalet du même nom. Monter dans le ravin du torrent de Corrua que l'on traverse vers 1 300 m pour passer rive gauche. S'élever dans ce ravin jusqu'à 1 400 m pour gagner le fil de la moraine du glacier de Taconnaz que l'on suit jusque vers 1 740 m. Le sentier mieux marqué, oblique à gauche pour s'élever dans la Montagne de la Côte par quelques passages raides et vertigineux; vers 2 000 m le sentier rejoint l'itinéraire classique.

Cartes IGN top 25 : 3531 Est St Gervais les bains.

Le recul glaciaire

Les lignes qui suivent n'ont pas pour but de donner des arguments aux illuminés nommés "climatosceptiques", bien au contraire. Mais pour convaincre de la réalité du réchauffement climatique, il faut être précis et éviter les faux arguments. Hors le glacier des Bossons, comme ses voisins du même massif, possède une zone d'alimentation placée très haut en altitude. Plus qu'eux il présente une pente très forte. On va voir que du fait de ces caractéristiques sa longueur dépend peu de la fonte de sa langue glaciaire au niveau de la vallée, mais beaucoup de l'alimentation en neige en altitude de son bassin versant.

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La langue glaciaire du glacier des Bossons depuis la Montagne de la côte
© Michel Racine

De tous les glaciers des Alpes, le glacier des Bossons est celui qui descent le plus bas (1 420 m en 2001)1. Les glaces issues des faces ouest et nord du Mont_Blanc convergent vers 3 000 m pour alimenter la partie terminale du glacier. Il présente une pente moyenne de 45%, avec deux ruptures crées par deux verrous glaciaires, celui de la Jonction (2 600 m) et celui des Pyramides (1 850 m). Ces ruptures sont marquées par de nombreux séracs, précédés par un plateau. Des lacs sous-glaciaires seraient présents sous les plateaux.
linck, 1810
Le glacier des Bossons, Jean Antoine Linck, vers 1810 ? (domaine public)


Il est incontestable que le glacier des Bossons présente, dans la période récente, des variations considérables 1. L'altitude la plus basse (1 040 m) étant atteinte au petit âge glaciaire que visualisent les gravures du 19e siècle.
  
linck, 1810
Le glacier des Bossons, Isidore Duroy, vers 1850 (domaine public)


Dans les années 70, sa langue terminale était utilisée comme école de glace (quasiment sans avoir de marche d'approche à faire depuis la route des Houches), et les propriétaires du Chalet du Glacier taillaient chaque année, vers 1 500 m d'altitude, une grotte de glace qui attirait les touristes. De fait le glacier connait une "crue" entre les années 1950 et 1980 qui augmente sa longueur de près de 300 m.

S'ensuit ensuite une régression qui conduit à la situation actuelle: du Chalet du Glacier, le glacier des Bossons est quasiment invisible et la grotte de glace n'est plus creusée depuis longtemps.

longueur du glacier des Bossons
températures estivales
Variation de longueur du glacier
des Bossons, comparée à la variation
des températures estivales.
d'après www.insu.cnrs.fr/
La comparaison des courbes ci-contre montre que la variation de la longueur du glacier n'est (n'était) pas corrélée à la fluctuation des températures estivales et varie même souvent à l'inverse.

Pour Vincent, Le meur, Six et Funk (2005), le petit âge glaciaire s'explique par une augmentation de 25% des précipitations hivernales.

Un tournant climatique se produit cependant à la fin des années 80; depuis l'augmentation des températures est constante et régulière (et la régression glaciaire semble-t-il continue, même si on manque de recul). En conclusion il est nécessaire de bien comprendre que les glaciers du Mont Blanc, comme d'autres dont la zone d'alimentation est située haut en altitude (à plus de 3 500 m) seront les seuls à subsister à la fin du siècle; tous les glaciers alpins s'alimentant plus bas auront disparu.

Notes

(1) 1 040 m au petit âge glaciaire, soit vers 1818, 1 100 m d'altitude en 1900; 1 150 m en 1730 et 1913; 1 420 m en 2001.

Références

Vincent C. Le Meur E. Six D. Funk M.. 2005. Solving the Paradox of the End of the Little Ice Age in the Alps. Geophysical Research Letters, vol. 32 L09706, doi:10.1029/2005GL022552.

Bibliographie

Christian Mollier. 2000. Du glacier du Mont-Blanc au glacier des Bossons. Editions Cabédita.